
Installation interactive, 2017 Composée de différents éléments : une grande toile intitulée Conte à rebours (collage sur toile), 2 petits tableaux ronds (technique mixte) avec 1 miroir, 1 disque 45 tours cassé et 1 chaussure de bal (tissu moulé), le berceau avec son “voile-livre“ et les 10 “miroirs-contes“ intitulés Ces contes qui font miroir à nos histoires… et du texte écrit au sol.
L’oeil qui conte – sélection de contes visuels, exposition collective, 2017
Entre mythes fondateurs et légendes urbaines, les contes nous transportent dans des mondes parfois merveilleux, parfois étranges ou fantastiques…
Hybride et polymorphe, la thématique du conte est également l’occasion d’une réflexion sur les liens entre tradition orale, littérature et création visuelle.
Miroir, ô mon beau miroir… un conte des vingt mille et une nuits !
Ce thème m’a donné l’occasion de replonger dans l’enfance… d’aller visiter cet espace après quasi vingt mille et une nuits d’existence et, en regardant dans le miroir du temps, de voir le chemin parcouru depuis le début de cette histoire jusqu’à aujourd’hui.
Cela m’a permis de renouer avec mon âme d’enfant et j’ai pu donner libre cours à mon imagination en créant un espace où réalité et fiction se côtoient.
Il aurait dû être une fois… mais c’est elle qui est, cette fois !
Puisse cette installation toucher aussi votre âme d’enfant et vous emporter durant quelques instants dans un autre monde. Un univers secret où les mots sont à l’envers… des mots qui racontent une histoire que seuls les miroirs peuvent dévoiler. Un voyage ludique qui vous entraînera, miroir à la main, sur un chemin qui virevolte dans le ciel et sous lequel il vous faudra reculer pour mieux avancer… dans le récit et dans le temps !
Un conte qui par certains détails fera peut-être miroir à votre propre histoire ? Belle balade…

















Texte de l’histoire écrit à l’envers sur le voile mais ici…le voilà à l’endroit !
Il était une fois… dans un jardin très Florissant, une belle et grande maison.
Penchés sur le berceau, le père et la mère restaient cois. “Quoi ? s’exclama le père, désabusé. Encore une fille… les fées sont, ma foi, bien facétieuses !” La déception de ne pas avoir réussi à combler son époux put se lire sur le triste visage de la mère. Seule la sœur, qui à cette époque lisait Martine à l’école ou à la mer (et pas Tintin ou Astérix, fort heureusement pour la nouvelle-née !) fut ravie de pouvoir lui donner ce second prénom.
Quelques jours après cet accueil plutôt mitigé, la petite émit de drôles de sons et ses géniteurs s’inquiétèrent tout de même un peu. Aussitôt, le médecin les rassura : “Rien de grave, elle rigole !”. Et les parents s’inquiétèrent un peu plus car, vu la situation, elle aurait peut-être plutôt dû pleurer !
Les années passèrent… La maison était toujours aussi belle et grande mais elle était surtout triste et vide. Les parents étaient souvent absents perdus dans leur propre monde et la petite errait tel le Petit Poucet. Se sentant abandonnée des siens elle se réfugia dans son imaginaire et pour s’évader de sa prison dorée préférait aller se perdre toute seule dans les beaux univers fantastiques des contes…
Comme elle n’était pas vraiment celle que l’on attendait, elle ne s’aimait guère et se comparait aux plus laids… Riquet à la Houppe en tête (et quelle tête !) suivi de près par le Vilain Petit Canard.
Comme elle n’était pas vraiment celle que l’on attendait, elle pensait ne pas être au bon endroit et attendait en vain que les elfes, les lutins ou autres extra-terrestres viennent la chercher pour la ramener chez eux et de fait chez elle.
Comme elle n’était pas vraiment celle que l’on attendait, elle n’attendait pas non plus le prince car c’est peut-être ce qu’on aurait espéré qu’elle fût !?…
Alors pour faire “comme si” la petite, qui l’était déjà moins, partit explorer le monde extérieur. Elle déménagea souvent tout en restant par là… Elle rencontra de nombreuses personnes qui lui racontèrent plein d’histoires et avec qui parfois elle en partagea des bouts… des histoires plus ou moins gaies, des histoires parfois douloureuses, un peu folles voire dangereuses.
Elle rigola des fois, elle pleura souvent, elle eut peur beaucoup ! Il y avait de nombreux dragons sur le chemin mais comme elle était “le héros“ de son propre conte, il fallait bien continuer à batailler sous peine d’y passer.
Elle apprit aussi beaucoup de choses et tenta surtout de désapprendre celles qu’il faut faire ou ne pas faire pour être comme il faut ou plutôt… comme il aurait fallu !
Et puis un beau jour… après moult pérégrinations extérieures et intérieures, alors qu’elle ne s’y attendait plus trop, il était là, juste en bas(-tracien) de l’escalier. Et point besoin de l’embrasser pour qu’il se transformât en être charmant qu’il était déjà !
A ce moment-là elle sut, même si parfois elle doute encore, pourquoi dès le début de son existence elle avait ri. Une partie d’elle savait déjà que son histoire serait une fois… bien plus fantastique et merveilleuse que celle des contes !
Happy Beginning !